Des soldes AA

Bilan en demi-teinte pour les soldes d’hiver qui ont démarré le mercredi 11 janvier et prendront fin le 14 février. Sur fond de crise et de baisse de pouvoir d’achat, les Français répriment leur frénésie d’achats. Le commerce en ligne s’en sort mieux, une fois de plus.

Un sondage effectué auprès des boutiques de mode adhérentes de la Fédération nationale de l’habillement fait apparaître une première semaine de soldes « correcte ». Devant les boutiques ayant pignon sur rue à l’activité plus poussive, les sites d’e-commerce mènent la danse avec des baisses, dès le coup de départ, de 70 %, plus importantes que dans le commerce traditionnel. Sur Brandalley.fr, le panier moyen est passé sans délai de 75 à 90 € du fait de prix particulièrement attractifs.

Le retour du froid le 14 janvier n’a pas suffi à soutenir les ventes dans les boutiques ayant pignon sur rue à qui l’on attribue une timide progression de chiffre d’affaires de l’ordre de 5 %. Le site de ventes privées, Brandalley, recensait, lui, la première semaine plus de 6 millions de visiteurs, 600 000 mobinautes connectés sur l’application sur mobile (10 % des commandes) et 170 000 produits vendus. Le chiffre d’affaires affiché est en hausse de 40 % et le trafic de commandes et le panier moyen en progression de 20 % !

Le site rueducommerce.com observe une fréquentation de plus de 20 %. On note même une croissance à deux chiffres pour les univers High Tech/Electro, mode et maison. Les nouveaux univers « auto, bricolage et jardin », enregistrent les plus fortes progressions avec une croissance à trois chiffres…

Après les premiers jours de soldes où les « aficionados » de la mode qui savent ce qu’ils veulent font une « wish list » de ce qu’ils souhaitent acheter au rabais, le critère numéro un, en règle générale, c’est… le prix. Si la réduction est maximale (70-90 %) – ce qui est le cas en deuxième période de soldes – les consommateurs peuvent céder à l’impulsion devant la bonne affaire mais en période de récession, la raison l’emporte aussi, souvent !

Un contexte anxiogène
En donnant le coup d’envoi des soldes à Paris, le ministre de l’Economie, François Baroin espérait que ces cinq semaines de soldes favoriseraient la consommation « dans une période un peu morose ».
Un sondage Ipsos/CNCC pariait sur des Français moins nombreux cette année à faire les soldes d’hiver : 76 % contre 85 % l’année dernière, avec un budget moyen en recul de 7 € à 244 €. Une tendance confirmée par l’enquête de l’Ifop pour le site Spartoo.com : 50 % des sondés affirment que la crise a une influence directe sur leurs achats et que leur panier moyen pendant les soldes ne dépassera pas 229 €.

Faire attention à ses dépenses est devenu en quelque sorte la règle pour beaucoup de Français. Ils ont pris l’habitude d’acheter toute l’année en promotions, ou sur les sites de ventes privées (qui vendent des marques 50 % du prix), ou pendant les soldes « flottants » (deux semaines à une date choisie par le commerçant dans l’année).

« Si le rendez-vous des soldes pour l’habillement de janvier reste encore incontournable pour le consommateur et est important pour nos modèles économiques, estime la Fédération nationale de l’habillement, il n’en demeure pas moins que nous assistons année après année à un effritement des soldes saisonniers. »
Un pronostic qui sonne un peu comme un glas pour ce rendez-vous jusque-là incontournable.

Ce que dit la loi
C’est l’article L310-3 du code de commerce qui définit les soldes, les périodes autorisées et les marchandises concernées. Il qualifie les soldes de ventes accompagnées ou précédées de publicité et annoncées comme tendant, par une réduction de prix, à l’écoulement accéléré de marchandises en stock.
La loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l’économie (LME) a modifié le calendrier et l’organisation des soldes : limitées à deux périodes par année civile, d’une durée maximale de six semaines, aux dates fixées par le préfet de département, depuis janvier 2009, les deux périodes annuelles traditionnelles sont réduites à cinq semaines. En bonus, le commerçant a la possibilité de choisir deux semaines de soldes supplémentaires pour organiser des opérations de déstockage.
(voir la réglementation des soldes en détail sur le site :

www.economie.gouv.fr/dgccrf

25/01/2012

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