Tarifs bancaires : peut mieux faire
Si François Hollande promet un nouvel encadrement des tarifs, malgré la pression exercée par les associations de consommateurs, la facture annuelle reste salée dans certaines banques et le petit consommateur reste le moins bien loti.
C’est ce que révèle l’enquête annuelle * réalisée par l’association de consommateurs, la CLCV, avec le magazine Mieux Vivre Votre Argent. Le comparatif qui porte sur trois profils de consommateurs montre que, selon vos habitudes bancaires, et selon la souscription ou non d’un « package » de services, la facture peut s’envoler dans certains établissements.
Premier enseignement de l’étude : celui qui utilise un minimum de services (une carte bancaire à débit immédiat, un nombre d’opérations ou de retraits réduit par mois, la consultation des comptes par téléphone…) peut voir sa facture de services bancaires bondir s’il a souscrit un « forfait ». Alors que la facture moyenne est plutôt stable pour les trois profils de consommateurs étudiés, petit, moyen, « gros consommateur » – boursicoteur ». Ce dernier est toutefois plus avantagé (- 2,25 %, contre– 0,06 % pour le petit consommateur).
Des disparités considérables entre banques
Les utilisateurs les plus actifs bénéficient d’une baisse de tarifs dans 67 établissements (d’une hausse dans 49 autres). Pour le petit consommateur, la facture augmente dans 63 des 124 banques ayant pignon sur rue (hors banques en ligne).
Les écarts de prix d’une banque à l’autre peuvent atteindre 164 % entre l’offre la moins chère à la carte et la plus chère pour un utilisateur peu actif. Au mieux, les services bancaires coûtent, à la carte, 35 € au Crédit Agricole Brie-Picardie. La facture s’envole à 103,54 € dans le cas d’un package !
Plus le client est consommateur de services, moins il est pénalisé par le package.
Pour un profil « moyen » qui utilise davantage de services que notre profil 1 et a un Plan Epargne Actions (PEA), la facture annuelle entre la note la moins lourde et la plus salée oscille entre 155 € à la Banque postale et 271 € à la banque Nuger (+ 75 %).
Deuxième enseignement de l’étude : les banques sont plus attentives aux prix pratiqués par la concurrence lorsqu’il s’agit de gros consommateurs. La facture varie tout de même de 417 € au Crédit Mutuel Loire-Atlantique dans le meilleur des cas à 696 € au Crédit agricole Nord de France (+ 67 %).
L’intérêt d’un ensemble de services payés au forfait dépend essentiellement du fait d’utiliser pleinement les services qu’il contient. Les banques s’étaient engagées en 2010 à personnaliser les packages proposés mais seulement une minorité propose un forfait à bâtir soi-même selon l’association de consommateurs, auteur de l’étude. Ces paniers à composer sont proposés notamment par quelques caisses du Crédit agricole. Le principe : un socle à 2 € par mois auquel le client ajoute des modules facturés de 1,20 à 4,80 €. Un exemple à suivre.
Comparez, en tout état de cause, les tarifs des banques dans votre région pour savoir s’il est nécessaire d’en changer (résultats détaillés de l’enquête sur le site www.clcv.org).
Optez pour les banques en ligne
Troisième enseignement de l’enquête : les banques en ligne sont nettement les plus compétitives. Elles sont en moyenne 60 % moins chères pour les petits utilisateurs, 55 % pour le profil 2 et 36 % pour les gros consommateurs. Les frais s’élèvent de 0 € (ING Direct, Fortuneo et Bousorama Banque) à 51 € chez Axa Banque pour un petit consommateur. Ils bondissent de 2,70 € chez ING Direct à 166 € chez Axa Banque pour le profil moyen. L’écart est important également pour les gros utilisateurs de services bancaires : de 147 € chez Fortuneo à 500 € chez Axa Banque soit un écart de 240 %.
Les banques en ligne présentent l’avantage de proposer notamment une carte bancaire gratuite. Seul bémol : elles imposent certaines conditions pour accéder à leur offre compétitive, comme l’ouverture d’un compte épargne ou un salaire minimum. Des pratiques élitistes par des chemins détournés… Le service « low-cost » a un revers de la médaille. Il est cependant précieux pour faire bouger les lignes et inciter à une accalmie générale des prix pratiqués. Le lobbying des associations de consommateurs depuis de nombreuses années pour contrer les pratiques abusives des banques a également porté ses fruits même si ces dernières peuvent mieux faire.
* Tarifs appliqués dans 133 établissements au 1er février 2012. Palmarès 2012 CLCV / Mieux Vivre Votre argent
03/02/2012

